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Simili critique de King Dave, ou la fois où je suis devenue muette (et un peu nounoune)

July 21, 2016

Vous le connaissez ce sentiment. Oui, oui, ce sentiment-là, précisément.

 

 

Ce sentiment d’abandon, de rejet, parce que confronté à plus grand que soi. Ce sentiment d’être complètement hébété, bouche-bée.

 

Les questions se bousculent tellement dans votre tête, mais aucune ne se précise. D’ailleurs, la vie est bien mal faite à cet égard, car l’homme qui aurait bien pu répondre à toutes vos questions était sur place au moment où vous ne pouviez les poser, car incapable de pousser un son, pris par ce foutu sentiment, justement. Frustrant, parce que les questions et les commentaires intelligents se précisent lorsqu’il est trop tard pour les verbaliser. La veille, vous ne pouviez que rester assis, les yeux ronds, le cœur battant et les lèvres immobiles.

En fait, si.

Vous avez réussi à articuler un mot après quelques dizaines de minutes. Un seul.

« Merci. »

 

Si ce n’est pas assez clair jusqu’à maintenant (admettons que vous auriez omis de lire le titre), je suis évidemment en train de vous décrire un peu ce que j’ai vécu après le visionnement du film King Dave en présence de son réalisateur, lundi le 18 juillet dernier à la Maison du cinéma. Je sais, j’ai l’air de beurrer épais. Je sais, ce n’est pas très professionnel de ma part. Mais allez-y donc le voir, ce film, puis vous me dirai si j’exagère tant que ça.

 

Réalisé par Daniel Grou et écrit et interprété par Alexandre Goyette, King Dave est le genre de gifle dont on aurait tous besoin une fois de temps en temps, si vous voulez mon avis.

 

Le texte, en plus d’être coloré, comique et délicieusement mordant, crée un miroir qui ne manque pas de nous rabattre notre propre réalité en plein visage. En effet, la dimension « confessionnal » de celui-ci nous mène petit à petit vers nos propres confessions.

 

Dave est un douchebag. Dave en voit de toutes les couleurs. Dave en a fait, des conneries. Pire que les vôtres, probablement. Malgré tout cela, on ne peut faire autrement que d’être de son bord. C’est probablement ça, la force du texte et de l’interprétation de Goyette. J’ai ri. Et j’ai eu les larmes aux yeux, aussi. La réalisation fait en sorte qu’à tout moment, on se sent très près du protagoniste.

 

Tellement près que l’écran disparaît, au même moment où le quatrième mur se fracasse. Le malaise ne dure que quelques secondes, comme lorsque l’on se voit forcé de soutenir le regard d’un inconnu. Mais cet inconnu ne met pas beaucoup de temps à devenir une vieille connaissance. Parce que l’interprétation d’Alexandre Goyette est si intelligente, dans sa théâtrale authenticité, que j’ai bien eu l’impression, moi aussi, que c’était à moi et moi seule que Dave se confiait. Tout coule si bien qu’on se demande pourquoi tous les films ne sont pas construits de cette façon.

Mais s’ils étaient tous ainsi faits, je ne serais pas assise devant mon ordinosaure à écrire ceci.

 

 Le rapport entre le texte et l’image. Je peine à verbaliser. Tout au long du film, le mouvement, toujours bien présent, mais qui semble parfois immobile, fait naître ce merveilleux sentiment de déséquilibre tout à fait désemparant, qui lie la forme au fond comme on le voit rarement.

Grou réussit à nous essouffler juste assez, sans nous épuiser. Il nous tient bien en haleine, puis au moment opportun, il parvient à nous livrer le coup de grâce. 

 

Quelque part entre le théâtre et le cinéma, la prouesse technique qu’est King Dave ressort du lot, et on le doit à la vision de son réalisateur. Daniel Grou est notamment connu pour son amour du plan-séquence.

Or, 91 minutes de plan-séquence… C’est qu’il aime souffrir, ce Podz!

Je les en remercie encore, son équipe et lui. Un balai moderne de camions et de décors mobiles, une chorégraphie à grand déploiement qui ne manque pas de faire son effet…

Comme quoi prendre tous les risques, ça paye.

 

Un film fort, drôle et qui m’a laissée seule avec moi-même, adossée à mon siège de cinéma, à me remémorer tous les évènements de ma courte existence. Ouch. 

 

Le cinéma québécois en est un vivant, coloré, audacieux. King Dave est donc un exemple d’œuvre cinématographique bien de chez nous qui ne peut faire autrement que de titiller les esprits.

 

Alors merci encore, Monsieur Grou, pour ce cadeau que vous m’avez fait.

 

Même deux jours après, je ne réussis toujours pas à formuler de commentaire intelligent autre que ce mot précis.

 

 

Je sais que j’ai sans doute l’air de pousser trop les éloges, mais croyez-moi, quand je louange, c’est toujours mérité. 

 

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