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Se lancer dans le vide sans se casser la gueule

Je suis émerveillée par le cinéma depuis que j’en consomme, soit environ les quinze ans qu’ont connus ma jeune existence. De Bambi à Dans une galaxie près de chez vous en passant par la saga Harry Potter, j’étais fascinée par les histoires qu’on pouvait me raconter avec une caméra. Vous pouvez donc bien vous l’imaginer, cela a fait de moi une enfant très créative et assez… théâtrale. Observer ne me suffisait plus: j’avais des histoires à raconter, moi aussi, et j’étais bien décidée à ce qu’on m’écoute. Aucune de mes inspirations ne restait au simple stade de l’idée bien longtemps. J’écrivais sans cesse des débuts de romans ou de scénarios, je recrutais des acteurs parmi mes amis et j’organisais des tournages sans caméra dans la cour de récréation, bien que j’adorais prendre des photos et des vidéos. Je rêvais de jouer et de diriger, et je faisais tout ce qui pouvait s’en approcher, du haut de mes sept, huit, neuf ans.

 

Au fil des années, des opportunités et des projets plus concrets se sont présentés, et de cours de théâtre en courts métrages, j’en suis venue à enfin pouvoir mettre le pied dans l’univers de mes idoles. L’idée de réaliser mon propre film m’a éventuellement effleuré l’esprit. Et c’est là que j'ai paniqué.

 

Est-ce que j’avais l’équipement nécessaire? Non. De l’expérience? Aucune qui me semblait valable. Alors, qui étais-je pour envisager ce genre de projet? Serais-je prise au sérieux? Sûrement pas. J’aurais droit à un «c’est mignon», tout au plus. Je regardais d’en bas mes amis et les projets qu’ils avaient menés à terme. Si je me sentais à la hauteur? Absolument pas.

 

De toutes ces insécurités, je crois que c’est la comparaison qui a été la plus difficile à surmonter. En tant qu’éternelle insatisfaite de moi-même, la comparaison avec autrui était une vieille ennemie pour moi. J’envisageais déjà un drôle de mélange de pitié et d’attendrissement dans le regard de mes amis et de quiconque verrait le produit fini, ce qui me déplaisait au plus haut point. J’avais honte d’un film qui n’était même pas encore commencé. La seule solution était de le réaliser en secret, de ne le montrer à personne. Le hic, c’est que réaliser un film sans équipe est impossible. Comme chaque membre de ladite équipe y met énormément de temps et d’énergie, il serait difficile de leur refuser l’accès au projet dans lequel je les aurais entraînés. Et, surtout, à quoi bon faire du cinéma si on se dit dès le départ qu’on en refuse la diffusion? J’étais bien loin de la petite Florence, à qui tout cela était loin de passer par la tête.

 

Heureusement, quelqu’un m’a fait comprendre certaines choses: personne n’avait d’attentes envers moi, mis à part moi-même. J’avais de l’aide à portée de la main. Il me suffisait de la demander et on me l’accorderait avec joie, par plaisir d’encourager quelqu’un qui se lance dans le cinéma. Des erreurs, j'en ferais certainement. Mais tout le monde en fait. Personne ne peut nous en tenir rigueur. Il suffit de s’en servir pour apprendre. Mon film est maintenant tourné et j’en suis fière, simplement parce qu’il représente tous ces doutes, fondés ou pas, que j’ai surmontés.

 

Dernièrement, je me suis rappelée la petite Florence, et je me suis rendu compte qu’elle est un guide précieux à qui je devrais laisser plus de place, elle qui n’est pourtant pas bien loin de moi, en termes d’années. C’est vrai: grattez quelques couches d’inhibitions et enlevez-moi quelques pouces, vous aurez devant vous une petite fille prête à conquérir le monde, son monde. Je suis aussi beaucoup plus proche d’elle que ce que je croyais. Demandez à tous ceux qui me connaissent, ils vous confirmeront que j’ai mille et un projets, que j’en mène large, que je parle fort et que je suis ambitieuse, comme elle.

 

Maintenant, à tous ceux qui se sont reconnus en la petite Florence, qui se sont trouvés avec elle quelque point en commun que ce soit et qui veulent faire du cinéma: tout ce dont vous avez besoin pour y arriver est déjà en vous, et ce depuis que vous êtes tous jeunes. La passion, l’ambition, la créativité, vous avez grandi avec, ça ne se perd pas. Comme quand vous étiez petits, foncez, tête baissée.

 

Pour ce qui est du reste… De l’équipement? Ça s’emprunte, ça se loue. De l’expérience? Ça s’acquiert partout, en regardant des films, en fouillant internet, en observant d’autres réalisateurs en herbe, en posant des tonnes de questions. C’est à votre portée. Quand vous étiez enfants, il n’y avait rien pour vous arrêter. Pourquoi ce serait différent maintenant?


Réaliser son premier film, c’est plonger tête première dans l’inconnu, se lancer dans le vide. Quand je l’ai fait, j’ai appris que faire cela sans se casser la gueule est aussi simple que ça paraît risqué. Fiez-vous à un enfant, laissez la passion vous porter et sautez.

 

 

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