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Titre générique pour un article sur les génériques

T'as écouté Game Of Thrones, ne mens pas.

 

T'as entre-vu Walking Dead, j'le sais.

 

Tu connais Dexter, avoue.

 

Et j'suis persuadée que t'as déjà entendu parler de Mad Men ou Six Feet Under.

 

Les séries en soi ne sont pas mal, ça je te l'accorde. Par contre, ce qui est encore mieux que ces séries, ce sont leur générique. Succession rapide d'images  d'archives, générique construit uniquement en animation 3D ou  vectorielle, gros plans évoquant toutes sortes d'ambiance, jouant sur l’ambiguïté et le double sens... Entrecoupé de typographies inusitées, le tout sur une musique qui ne te quitte plus des jours durant. C'est là-dessus qu'on se penche aujourd'hui. L'art du générique. Du générique réussi.

 

Je pourrais t'en jaser durant plus de trois heures (je le sais, car l'idée de l'article m'est venu après un cours de trois heures là-dessus, justement), mais je vais tenter de réduire la matière à un seul acteur du milieu qui a inspiré toutes les générations qui l'ont suivi:  Saul Bass.

 

Bass est un graphiste américain ayant conçu quelques unes des meilleures affiches de film, en plus des meilleurs génériques. Surtout actif dans les années 1960, il a entre autres mis sur pied les génériques des fabuleux Psychose, West Side Story, Le tour du monde en quatre-vingt jours et North By Northwest.

 

 

 The Title Design of Saul Bass

 

 

Bass est vu comme un pionnier, car il est le premier a avoir considéré le générique comme autre chose qu'une simple introduction à passer rapidement. Il devient une oeuvre d'art en soi, traité tel un court-métrage, avec une ligne narrative, une typographie réfléchie et une rythmique soutenue. L'idée est de préparer le spectateur, en suggérant l'ambiance et l'intrigue par des concepts visuels synthétisant le film en entier.

 

 

 Saul Bass title sequence - Anatomy of a murder (1959)

 

 

 

Si l'on suit la logique de Bass, il faut considérer que les règles préétablies n'existent pas. Il est possible de susciter un éventail infini d'émotions par quelques simples procédés graphiques, ou dans son cas, par des formes plus ou moins abstraites et des couleurs primaires. 

Le rouge, entre autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'animation permet en effet d'emprunter toutes sortes de directions, mais une foule d'autres procédés sont également possibles. 

 

 Seconds (1966) opening credits saul bass

 

 

West Side Story (1961) Credits

 

 

1963 The Victors (opening Titles)

 

 

Bien que l'on puisse utiliser à peu près tous les procédés en générique (animation, séquences filmiques, archives, ...), Bass démontre bien que "moins c'est plus" et qu'il est préférable de s'en tenir à la simplicité. Un procédé ou deux suffisent. De toute façon, en laissant les images travailler d'elles-mêmes, en faisant planer le mystère, il est plus facile de percuter le spectateur.  

 

En générique comme au cinéma, la modération a bien meilleur goût. 

 

Donc, s'il y a une chose à retenir aujourd'hui, c'est qu'il ne faut jamais négliger son générique. Vois-le comme la première impression que tu laisses à ton public. S'il te plaît, ne t'en tiens pas à la superposition des noms des membres de ton équipe en Times New Roman sur tes premières images. Ou si tu le fais, il doit y avoir une raison très précise et un raisonnement derrière.

 

Avant même d'implanter une musique, il faut que le générique "nu" parle.

 

Typographie AVEC ou SANS empattement? En gras, en italique? Très grand format ou tout petit au bas de l'écran? En couleur? D'accord, mais pourquoi?

 

Couleurs chaudes, couleurs froides, pourquoi? Animation, collages, live action?

 

Le nom des gens ayant participé, ou peut-être seulement le titre du film? Pourquoi?  

 

Bref, tu comprends je crois. Lorsque tu seras aussi satisfait de ton générique que du reste de ton projet, ce sera une réussite. Car justement, ton générique fait partie intégrante de ton film, ne l'oublie jamais.

 

Sur ce, cher kinoïte ou charmant curieux, puissent tes futurs génériques être inoubliables!

 

 

 

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