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Discussion pour un film anarchique

Bière ou jus, nachos ou bouchée sucrée, c'est l'estomac plein et l'esprit rempli de cinéma que nous avons pu jaser, samedi le 12 novembre dernier, avec le réalisateur Jimmy Larouche dans le cadre d'une projection spéciale de son film Mon ami Dino à La capsule bistro-cinéma. Kino Estrie attendait dès 16:00 les mordus de films, les gourmands et les curieux pour une formule 4@7 en compagnie du réalisateur. C'est autour d'une grande table comme dans les partys du jour de l'an que les personnes présentes ont pu échanger en toute convivialité, avant la projection, sur le cinéma québécois et la culture. Saluons d'ailleurs l'ouverture et la générosité du cinéaste durant les discussions et les petits débats, contribuant à rendre la soirée d'autant plus animée et enrichissante pour tous.

 

Crédit à William Blanchet et son iphone 4.

Vous n'avez qu'à vous imaginer que le  bruit

dans l'image est un choix artistique

 

 

Vers 19:00 débutait la projection du film Mon ami Dino. Une oeuvre cinématographique qui sort du cadre, bien que son auteur la considère comme son film le plus "convenu" et accessible, de par la construction scénaristique. C'est en effet dans la forme, qui joue sur la limite entre le réel et la fiction, que ce petit trésor de cinématographie se démarque. Le film est habilement construit, la formule est très efficace et le tout n'a d'ailleurs laissé personne indifférent. Cette ode à la vie nous invite à garder l'esprit ouvert, et qu'on aime ou pas, on ne peut faire autrement que de ressortir du visionnement un peu changé. 

 

 Tiens, le p'tit teaser. Ça donne envie, hein?

 

Un film comme ça, ça porte à se poser des questions. Et des questions qui restent sans réponse, c'est frustrant, non? C'est donc suite à la projection que les spectateurs ont pu échanger et poser leurs questions directement au réalisateur, entre deux anecdotes de tournage. La forme, le fond, la pré et post production, tout a été couvert.

 

Notamment, le choix de direction photo inhabituel. En effet, le rendu est tout sauf "léché", mais pourquoi? Jimmy Larouche aurait apparemment demandé à ses caméramans de ne rien faire qui soit  "plus que 60% beau." Les plans sont donc tremblants, il n'y a aucune lumière dirigée, l'image est de qualité moyenne, bref, tout est mis en oeuvre pour faire croire à la réalité du film. Car effectivement, un trop beau rendu aurait nui à brouiller la limite entre le réel et la fiction, principe sur lequel le film en entier repose.  Il fallait faire douter le spectateur au maximum! Au cours de la discussion, nous avons également pu apprendre que le film en entier est construit sur la base de l'improvisation.  Résultat: 40 heures de tournage pour environ 1 heure 20 de film. Un tri d'image presque comparable à celui d'une production documentaire.

 

Après avoir couvert la forme, nous avons discuté du fond. En effet, ce qui a le plus touché les gens par rapport au film est le travail du comédien principal,  d'une vérité déroutante. Le cinéaste a d'ailleurs confié que la fiction avait fini par prendre le dessus sur la réalité lors du tournage, nuisant réellement à la santé de Dino Tavarone, son comédien principal et ami. La fausse maladie a soulevé des questions éthiques dans l'assistance, et semble-t-il, dans l'esprit du comédien également. Qui sommes-nous pour faire ainsi le portrait de la maladie, lorsque de vraies personnes en meurent?  Dans le cas de Dino, ces questionnements ont donné naissance à la scène la plus inoubliable du film. Mais Mon ami Dino est une oeuvre qui porte sur la vie, pas sur la mort. 

 

Finalement, la soirée s'est terminée sur fond de léger débat centré sur la situation du film d'auteur et indépendant, mais surtout du cinéma québécois au Québec. Car, en effet, notre cinéma rayonne à l'international, mais  il semble avoir de la difficulté à se tailler une place chez nous! Le cinéaste a soulevé un point: peut être est-ce parce que le gouvernement est très bon pour financer les films d'auteur, pour reconnaître leur qualité, mais qu'il est au contraire très mauvais pour comprendre ce que le grand public aime? Résultat: le financement des films grand public est très peu judicieux et les gens se forgent une mauvaise opinion du cinéma basée sur le visionnement de mauvais films.

 

On vous renvoie donc la question! Pourquoi est-ce si difficile pour le cinéma québécois de plaire à sa patrie?

 

Sans doute aurons nous l'occasion de nous en parler lors de prochaines soirées de rencontres cinématographiques?

 

Je vous dis donc à la prochaine, chers kinoites et cher réalisateur!

 

 

 

 

 

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