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November 22, 2016

Kino Estrie

Rang du 7e Art, Québec

 

Novembre 2016

 

 

 

 

À tort ou à raison, nous sommes nombreux sur cette Terre à croire que l’humanité marche vers l’avant, vers le progrès, et que chaque année qui passe nous amène à nous dépasser, à nous développer, à nous réaliser.

 

Bien que de nombreux obstacles menacent chaque jour les ambitions des évolutionnistes, cette progression se fait souvent avec bien peu de remises en question. Or, le 8 novembre 2016, c’est tout un coup de poing d’interrogation qui a été asséné au visage de l’Amérique et du monde, alors qu’un président porteur d’un projet de marche arrière a été élu au rôle de président des États-Unis d’Amérique… par une minorité d’électeurs et en utilisant un système électoral dépassé.

 

Parmi ceux qui ont fait la différence, l’on retrouve principalement quelques états clés de la ruralité américaine. Alors que la poussière retombe, nous sommes plusieurs à nous demander : mais pourquoi?

 

Je vous propose une tentative de réponse dans le cadre de ma chronique du mois, qui a pour objet le film québécois, La vraie nature de Bernadette, une tragi-comédie de Gilles Carle réalisée en 1972.

 

Rappelons à ce propos le titre de ma chronique, « Rang du 7e art ». Rang, comme dans « rang de campagne », celui dont a rêvé Gilles Carle alors qu'il travaillait sous le béton armé de la Place Bonaventure à Montréal dans les années 60. Je nous invite à interroger le combat entre les côtes américaines, celles fidèles aux démocrates et au progrès, à la ruralité du centre des États-Unis, celle dont le vote a porté l'agressif et le revenchard Donald Trump à la Maison Blanche, à la lunette du choc des valeurs que Gilles Carle propose lorsque la gauche québécoise hippie rencontre la ruralité québécoise conservatrice.

 

J’en profite en passant pour vous témoigner de l’immense plaisir que j’ai à rédiger cette chronique, laquelle me permet non seulement de voir ou revoir d’excellents films issus de notre patrimoine cinématographique, mais aussi d’en jouir bien davantage que lors d’écoutes plus superficielles. C’est en effet un plaisir insoupçonné que j’ai ressenti à l’occasion de la réécoute de La vraie nature de Bernadette. Je ne m’attendais pas à retrouver un film aussi riche, aussi vibrant, rempli d’un 2e et d’un 3e degré « sur la coche », comme on dit.

 

Carle, dans ce film, ne favorise ni les urbains, ni les ruraux. Dans son univers, tout le monde a ses qualités, tout le monde a ses défauts. Les idéalistes, les réalistes, chacun fait ce qu’il peut, mais chacun pourrait faire mieux… en plus ou en moins.

 

Le récit débute dans l’appartement hyper-moderne (années 70) de Bernadette (interprétée par une Micheline Lanctôt savoureuse), une jeune mère de famille idéaliste, en moyens, avec un seul enfant. Bernadette est éduquée, mais se sent seule, déconnectée du monde… du vrai monde, celui de la terre, de la vie qui pousse et qui se trémousse.

 

Bernadette respire la gauche. Celle des années 60 et 70, d’un Québec de la Révolution Tranquille, d’un Québec qui se développe, qui sort du carcan et qui cherche à s’affirmer sur le monde et, mieux encore, à revenir aux racines. C’est le Québec du retour à la terre, celui que Roméo Bouchard a tenté à partir de 1975. Cette gauche, elle est souriante, elle est ouverte aux cultures orientales et à leurs grands savoirs ancestraux. C’est une philosophie du plus grand nombre, de la collectivité, de l’harmonie et, en ces temps de révolution des mœurs et de jeunesse débridée, d’une plus grande liberté sexuelle.

 

Quand Bernadette décide sans crier gare de quitter logis et mari, entraînant avec elle son jeune fils, c’est pour réaliser son rêve : aller vivre à la campagne. Qu’est-ce qu’elle amène avec elle? Des bananes, des oranges, des fruits à ras bord les sièges arrière de sa voiture. Bernadette amène avec elle les fruits du monde non occidental et leur sagesse, afin de les donner à la terre et à ses habitants. À l'exception de sa voiture et de quelques vêtements et accessoires, elle laisse derrière tout ce qui n'est pas consommable.

 

Sa première rencontre avec la ruralité est frappante : un tracteur de ferme lui barre le passage. Sur la selle du véhicule se trouve Thomas (Donald Pilon, à mon avis un acteur sous-estimé par mes contemporains), un agriculteur rebelle, en colère, borné, qui parle peu et qui sourit encore moins. Excédé par les tractations du gouvernement et d’une poignée d’opportunistes, Thomas a décidé qu'il en marre et qu'il lui faut désormais agir.

 

Qui Thomas bloque-t-il?  Des urbains de l'élite, ou encore des ruraux qui travaillent  avec cette même élite, et des pauvres. Aucun membre de la classe moyenne. Des différentes tentatives de conciliation qui lui sont présentées, seule celle de Bernadette résonne en lui : son action ne peut avoir de sens, puisqu'il est seul à lutter. C'est cet argument qui finit, plusieurs minutes après avoir été énoncé, par le faire bouger.

 

Durant cette première rencontre avec Thomas, Bernadette en profite pour lui servir une bonne partie de ses valeurs d'urbaine-hippie-retour-à-la-terre. 

 

Le clou de la conversation survient lorsqu'elle fait l'étalage de ses connaissances de la sagesse orientale, en citant une pratique culturelle d'une société océanienne. Selon Bernadette, les mères polynésiennes, « [..] apprennent même à leur fils à se masturber. C’est beau hein!? » - s’exclame-t-elle, l’air candide. Thomas, stupéfait, ne sait que trop répondre, sinon qu'il n'est pas donné à tous d'avoir une mère polynésienne.

 

Voilà, c'est lancé, Bernadette débarque avec ses gros sabots et ses valeurs révolutionnaires, souhaitant sculpter la Terre à l'image idéaliste qu'elle en a : le communautarisme, l'environnementalisme, l'internationalisme, la libération sexuelle, le respect des animaux et le végétarisme en tête de liste.

 

Sa première rencontre avec la réalité rurale est décevante : la photographie de la magnifique maison deux étages qu'on lui a vendue ne reflète en rien l'état de délabrement avancé de la demeure. D'un point de vue cinématographique, la scène se réveille d'ailleurs être un tour de force : on aperçoit d'abord la photographie de la maison impeccable en gros plan, puis celle-ci est retirée, révélant la demeure endommagée. Comment une production québécoise des années 70 a-t-elle pu parvenir à un tel résultat, avec si peu de moyens financiers?

 

La scène n'est pas sans rappeler la situation de communautés rurales québécoises et américaines, où le patrimoine immobilier, de faible valeur, est en voie de dégradation importante, quand il n'est pas carrément laissé à l'abandon. À l'intérieur, Bernadette découvre non seulement une maison d'un autre âge, mais aussi le cheval Misère Noire (!!!) et un vieil homme répondant au prénom d'Octave. Apprenant qu'il est (supposément) sans logis, elle l'invite à faire sortir le cheval, mais à demeurer avec eux. L'opération grand ménage peut commencer!

 

Durant les travaux, Octave se blesse en transportant des valises. Bernadette accoure à son chevet pour le soigner et se met à le masser, en lui demandant de lui indiquer où il a mal. Le vieil homme la guide tout au long de sa jambe, jusqu'à ce que la soignante réalise que le désir de son patient, c'est d'être carrément masturbé. Et que fait Bernadette? Fille de la révolution sexuelle, elle s'exécute le sourire aux lèvres. « Si ça vous fait tellement plaisir. », dit-elle. Fait curieux, c'est une approche qui semble être restée propre à cette période. La sexualité est aujourd'hui partout dans l'espace visuel (culturel, publicitaire), et les nouveaux progressistes s'efforcent surtout de combattre l'intrusion de cet imaginaire omniprésent dans le réel. Au XXIe siècle, la sexualité rêvée est partout, mais sa contrepartie réelle demeure cachée, discrète, parfois capable de détruire des vies et des carrières.

 

À ce moment, Thomas, l'agriculteur blasé, carnivore et revendicateur, ressurgit. Il s'empare de la laisse de Misère Noire, l'amène à sa suite et va à la rencontre de Bernadette afin de lui demander où est son père... Octave. Ce dernier sort partiellement de la maison pour fustiger son fils, disant qu'il ne retournera pas à la maison et qu'il vit à partir de maintenant chez Bernadette.

 

Le vieil homme apprend à Bernadette que Thomas veut tuer le cheval, Misère Noire, « Le seul ami qui me reste », dit Octave. Bernadette confronte Thomas. Oui, celui-ci souhaite mettre fin à la vie de l'animal (22 ans) afin de lui éviter des souffrances.

 

Alors qu'Octave décrie sa situation d'homme maltraité, à qui son fils ne permet plus de contribuer aux travaux de la ferme, Bernadette accoure à la poursuite de Thomas afin de le sermonner du traitement cruel réservé à Misère Noire et à Octave. L'urbanité de gauche et la ruralité de droite croisent le fer : le respect pour la vie doit primer, dit Bernadette; il faut avoir de la compassion et mettre un terme à ses souffrances - le cheval, bien sûr -, rétorque Thomas. Curieusement, pour l'être humain, la situation inverse se produit de nos jours, alors que la gauche appuie le droit de l'humain à choisir de mourir dans la dignité, alors que des médecins et des religieux de droite s'efforcent de combattre la mesure...

 

La conversation dévie sur le barrage routier de la veille. C'est là que Thomas avoue qu'il a interrompu son acte de revendication non par respect pour Bernadette, mais parce qu'il a essayé d'accomplir seul ce que « tout le monde devrait faire ici ». Pour réussir, il lui faut donc puiser dans la colère désorganisée des ruraux et en fer une lance à planter dans les monopoles urbains.

 

Le monde rural contre le gouvernement des riches et du 1%, ça vous dit quelque chose? C'était le message que le sénateur Bernie Sanders essayait de passer aux démocrates américains, en leur demandant de faire de lui leur candidat pour la course à la présidence. Ceux-ci lui ont préféré une marionnette de l'urbanité et du 1%. Et le candidat adverse, le milliardaire et très urbain Trump, n'a eu qu'à reprendre le discours à son compte. Qu'il ait dit vrai ou faux n'a guère d'importance, c'était le seul véhicule d'envergure qui pouvait témoigner de la grogne des ruraux contre les urbains. Nous y reviendrons : le film de Carle offre une autre belle fenêtre de comparaison.

 

Cachant toujours un nouveau tour dans sa manche, Carle le réalisateur-magicien ramène à l'avant-scène deux personnages rencontrés en début de film: une mère désœuvrée et son fils muet. Excédée, celle-ci n'en peut plus et propose à Bernadette de lui confier la garde de son fils. Un enfant de la ruralité confié à l'urbanité, on ne peut pas dire que c'est une chose exceptionnelle, de nos jours. Combien sommes-nous à avoir fuit les campagnes pour aller embrasser les idées et les richesses de la ville? Et on s'étonne de nos jours que les élections américaines ou canadiennes révèlent des tendances conservatrices de celles et de ceux qui sont restés...

 

Bernadette accepte de prendre le garçon, en lui disant qu'elle est sûre que la mère va revenir le chercher un jour ou l'autre... et cette dernière les quitte sans même donner le nom du garçon à Bernadette. Sitôt le jeune muet installé dans la maison, Bernadette doit de nouveau sortir : le facteur l'attend dehors. Je vous ai mentionné que je dois souvent peser sur « pause » pendant mon 2e visionnement, pour prendre le temps de rédiger entre les péripéties qui défilent les unes après les autres? Le film frappe vite et fort, ne perdant aucune occasion de faire surgir un nouveau conflit, réel ou idéologique.

 

C'est autour d'un bon repas que Bernadette procède à enseigner une partie de ses valeurs à son fils Yannick, ainsi qu'au jeune muet : « La viande, ça rend l'homme agressif.  Quand l'homme est agressif, qu'est-ce qu'y fait? La guerre! ». Je m'en excuse auprès de mes amis végétariens, mais je ne peux m'empêcher de hurler de rire à ce passage... surtout quand on la compare avec la théorie que le plus grand dictateur et homme de guerre reconnu par l'Histoire ait été un végétarien - à l'ère des guerres d'information du cyberespace, des végétariens vous diront que c'est faux. Quoi penser? À force de lire des informations contradictoires, on finit par rester sur nos positions de départ. Bernadette demande alors quel prénom donner au jeune muet. Son fils Yannick lui suggère alors de le nommer... Napoléon (!!!), ce à quoi Bernadette s'empresse d'acquiescer. Nouvel éclat de rire de ma part.

 

Que l'on soit positionné à la droite ou à la gauche d'un enjeu, force nous est d'admettre que Carle sait broder des enjeux sociaux à partir de bien peu de choses. Dans ce cas : une femme, un homme (le travailleur de ferme infirme), deux garçons et une tablée de cuisine remplie de légumes. Rares sont les films aussi riches. Et qui va coucher les garçon après la leçon? Pas Bernadette, mais le jeune homme infirme. L'homme québécois sert-il peut-être encore à quelque chose, malgré le portrait qu'en tire certains films plus récents..?

 

On saute, sans trop s'attarder à ces péripéties, au lendemain, à une conversation entre Bernadette et Thomas à propos du jeune muet. Napoléon ne peut pas marcher... à moins qu'il ne veuille pas? Encore une fois, les valeurs de Bernadette et de Thomas entrent en conflit. Alors que l'urbaine en exil croit dur comme fer que seule la volonté lui permettrait de marcher, Thomas préfère se fier à médecins spécialistes de Montréal. « Napoléon ne marche pas parce qu'il ne veut pas marcher. » C'est alors que Thomas nous apprend que le jeunes garçon s'appelle, en réalité, Gilles.

 

La conversation finit par déboucher sur quelques révélations de Thomas concernant l'achat par Bernadette de la propriété : plusieurs animaux et outils achetés avec la ferme sont soit décédés, soit hors d'usage. Elle s'est fait rouler dans la farine. Thomas l'aide à récupérer ses outils et lui fait faire une visite de sa main. Bernadette y trouve tout le confort de la modernité : réfrigérateur, grille-pain, laveuse automatique, télévision, tout est là. « [..] on se croirait en ville. », de dire Bernadette. Alors que Thomas lui parle de sa solitude et du fait que ses électroménagers l'aident à faire le travail, 

 

Je ramène ici le parallèle avec les élections américaines : qu'est-ce que les électeurs appauvris du centre-nord des États-Unis souhaitent? La même chose que ceux des riches côtes américaines : les avantages et le confort de la modernité, mais peut-être pas les idées progressistes qui viennent avec. Ou, à tout le moins, peut-être souhaitent-ils secrètement avoir plus de temps pour s'y adapter?

 

Bernadette, bien en désaccord avec toutes ces commodités, résume sa pensée en affirmant que « À force de moderniser, vous perdez le contact avec la nature. Vous vous ennuyez. Vous avez trop de temps devant vous. » Thomas semble en désaccord, mais ce qu'il veut au fond, c'est faire l'amour avec Bernadette. Celle-ci accepte « pour vous rendre service. », même si elle déclare être en désaccord avec les idées de Thomas.

 

Bernadette prend donc une pause de ces affrontements idéologiques pour vivre sa passion de la nature à fond avec Thomas, les deux enfants, le garçon de ferme infirme, les trois vieux : tâches légères, rénovations sur la vieille maison, jeux, rigolades, câlins et jeux sexuels polygames. L'eau en finit même par jaillir toute seule du puits. Dans cette campagne déconnectée qui achèverait la plupart d'entre nous après quelques jours, l'ennui est inexistant.

 

Mais le plaisir ne peut durer éternellement. Alors que Thomas abat le vieux cheval malade et l'enterre, deux routards mal famés - Saint-Luc et Saint-Marc - arrivent et s'invitent à la maison. Bernadette les accueille les bras ouverts. Même si les deux hommes sont serviables et qu'ils aident à retaper la maison, c'est le début de la fin. Eux aussi veulent profiter des largesses de Bernadette. Une scène de poursuite évoque la possibilité d'un viol, mais encore une fois, ce n'était qu'un jeu.

 

Le film tire à sa fin, et Thomas arrive sur un tracteur, à la tête d'un groupe d'agriculteurs : ils s'en vont barrer le chemin. Thomas n'est pas non plus informé de la situation, un des criminels menace son père à la pointe du fusil pour qu'il n'en dise rien. Roch l'infirme en profite pour s'échapper dans la campagne, mais est rattrapé et tué. Pendant ce temps, les otages se soulèvent et réussissent à reprendre les armes et leur liberté. Octave crie aux criminels en fuite « [..] ça profite de la charité du monde! C'est comme ça que ça nous récompense!? [..] ». La scène se termine alors qu'il éclate la tête d'une statue représentant la vierge Marie... un symbole de révolte des fidèles contre l'Église?

 

Chez Thomas et les agriculteurs, la manifestation a atteint son comble : ils bloquent l'autoroute et y jettent légumes et fruits. Sur leur chemin se trouvent les gens en quête de miracle qui recherchent Bernadette. À la manifestation, les gens bloqués se mettent à ramasser la nourriture jetée à pleine caisse, pendant que les protestataires déroulent une bannière sur laquelle est indiqué « Cette année, mangez donc de la marde ».

 

C'est alors que, en haut du viaduc qui surplombe la scène, surgit Bernadette, armée d'un fusil. Elle se positionne et commence à faire feu en direction de la foule, qui se disperse. Scène suivante : il a neigé. La pompe miraculeuse est gelée. Thomas et Bernadette ramènent le corps de Roch dans un paysage d'hiver. Le duo arrive à la ferme en regardant quelque chose à la gauche de l'écran, on ne sait trop quoi.

 

Que penser de la conclusion de « La vraie nature de Bernadette »? Que penser du résultat des élections américaines de 2016?

 

J'y réponds par cette petite histoire bien simple : deux voisines à la fin des années 90. Une pratique le recyclage, l'autre ne sait pas trop comment faire. La première critique vertement la seconde. Cette dernière abandonne l'idée du recyclage et jette tout aux poubelles.

 

En 2016, si on souhaite lutter pour faire progresser la société, il faut se rappeler que le changement prend du temps et qu'il doit être intégré par le plus grand nombre, si on souhaite qu'il perdure. Même si l'on pense bien faire, mieux vaut se concentrer sur certaines luttes de longue haleine, plutôt que d'épouser des conflits idéologiques qui vont nous faire perdre la face. Manifester pour défendre le droit d'un transgenre barbu à aller uriner dans les toilettes des femmes dans un restaurant mineur de Montréal peut sembler évidemment pour une minorité, mais le contrecoup de boomerang reçu au visage de la gauche, quand l'histoire paraît dans les médias, est un équivalent à celui que Bernadette reçoit quand ses valeurs lui apportent la furie, la violence et la frénésie de la foule.

 

Prenons notre grabat, notre bâton de pèlerin et notre patience à deux mains, puis avançons petit à petit. Et rappelons-nous que nos bonnes idées et nos meilleures intentions ne se traduisent pas toujours par des résultats concrets.

 

La vraie nature de Bernadette (1972) de Gilles Carle

  • Écouter : http://www.bibliotheque.ville.sherbrooke.qc.ca/in/sites/es/faces/details.xhtml?id=p%3A%3Ausmarcdef_0000314651&highlight=LA+vraie+nature+de+Bernadette&posInPage=0&bookmark=fc68f19e-e688-461d-ab31-862027ea4656&queryid=fd7b91cd-9f54-49d4-8ce2-80a2f1854b8f

  • En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vraie_Nature_de_Bernadette

 

***

 

Guillaume Houle est diplômé en études cinématographiques de l'Université de Montréal. Il a aussi étudié la scénarisation et la communication à l'Université du Québec à Montréal, ainsi que l'interdisciplinarité en arts (cinéma et vidéo) à l'Université du Québec à Chicoutimi. Ces quelques années d'études lui ont fait réaliser qu'il n'avait rien d'un cinéaste. Malgré les piques qu'il peut lancer ici et là à certains créateurs, il respecte énormément le travail acharné et dévoué que la production cinématographique demande.

 

Œuvrant au Conseil de la culture de l'Estrie et à la maison d'édition Les Six Brumes, il consacre l'essentiel de son temps professionnel à conseiller, à soutenir, à encadrer, à valoriser, à commercialiser et à promouvoir l'art et la culture québécoise, notamment au niveau des littératures de l'imaginaire québécoises – fantastique, science-fiction, fantaisie et Cie.

 

Un de ses objectifs personnels est de visionner l'ensemble du cinéma de fiction québécois existant. Son association avec Kino Estrie dans le cadre de la chronique Rang du 7e Art, Québec lui donne une raison de partager ses trouvailles avec d'autres passionnés, ainsi que de passer quelques commentaires personnels sur notre perception du Québec, de son histoire et de sa culture.

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