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LA TERRE DE LA GRANDE PROMESSE d’Andrzej Wadja, 1975

Le Festival cinéma du monde de Sherbrooke offre un hommage au scénariste et réalisateur polonais Andrzej Wadja décédé le 9 octobre 2016. Il est mort peu avant la première de son film LES FLEURS BLEUES à Toronto. Il a à son actif au-dessus de 50 films dans sa carrière. Jusqu’à sa mort, il a été un artiste et un témoin des changements dans son pays.

Hier soir, je suis allé voir LA TERRE DE LA GRANDE PROMESSE, film adapté du roman du même nom. D’abord, il faut passer par-dessus le fait que notre attention est inévitablement divisée entre le jeu d’acteur et les sous-titres. Heureusement, les situations non-verbales parlent aussi beaucoup d’elles-mêmes et c’est là qu’on profite de la direction photo ainsi que du montage dynamique dans un chaos contrôlé.

 

Au début, les personnages sont frivoles et frôlent la limite du soap américain, mais plus ça avance, plus la profondeur et la présence à l’écran nous immerge dans la montée du capitalisme industriel et des rêves de richesse. La grande force pour moi reste le contraste des deux mondes. Les bourgeois déconnectés de la misère humaine, amoureux de la machine et de la transformation de l’homme en machine. C’est facile de renvoyer 1000 employés ou de brûler son usine pour les assurances quand on considère l’humain comme une unité remplaçable. À l’opposé, la main d’œuvre est tellement dans la misère qu’elle ferait n’importe quoi pour avoir au moins un travail, qu’on parle de prostitution, délation d’un camarade ou de sacrifice familial. Tout ça au service du rêve…

 

Nous suivons les trois protagonistes principaux : Un Polonais, un Juif et un Allemand. L’étrange trio coure les magouilles pour obtenir l’argent nécessaire pour la construction de leur usine. À l’époque où tout est sur papier, cette jeunesse bourgeoise montante se vante de n’avoir rien et donc de pouvoir tout faire. C’était ça les rêves capitalistes. On n’a pas énormément de moment avec la classe ouvrière. Le réalisateur nous y amène que pour rappeler l’autre côté de la médaille.

 

La direction photo m’a vraiment accroché, une belle alternance entre caméra à l’épaule et trépied. La caméra à l’épaule représentait souvent le trouble du personnage concerné. C’est d’autant plus troublant, lors de la finale, quand la caméra est calme alors qu’est envoyé l’ordre de tirer sur la classe ouvrière en grève. La scène d’orgie et de débauche a vraiment eu un impact sur la définition même du contexte social de l’époque. L’abus et l’utilisation de la classe ouvrière comme un objet sans vie.

 

Une belle rétrospective sur l’humain et sa perception de l’homme machine.

 

 

 

 

 

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