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Conversation avec Robin Aubert

March 9, 2018

 

Le vendredi 23 février, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, Robin Aubert a discuté avec un public de 50 personnes. Ça lui prend tout son petit change pour briser sa gêne et s’adresser à nous, mais une fois qu’il commence à nous raconter ses histoires, c’est un flot de sagesse qui se déverse.

 

Lorsqu'il s’installe, il met rapidement au clair que c’est un échange. C’était important pour lui que la soirée en sa présence ne soit pas une classe de maître. « Maître, c’est quoi ça? » Il veut défendre à tout prix la naïveté du cinéma, que l’art n’est pas parfait. Tout au long de la soirée, ses conseils ont été plus de teneur de force de caractère que de conseils techniques.

 

Voici ce que j’ai tiré de ses histoires en mettant en contraste ses commentaires tout en y ajoutant mes propres réflexions comme réalisateur.

Crédit photo : Simon Laroche Photographie

 

 

Le tableau et le bol

 

Avant la Course évasion autour du monde, Robin avait rencontré une peintre transgenre de son village. Ce qu’il a retenu : elle peignait à chaque jour, peu importe. Si elle attendait l’inspiration ou la motivation, elle ne ferait rien. En opposition, le cinéaste se donne le droit de ne pas avoir de projet en vue. En festival, plusieurs personnes lui demandaient « C’est quoi ton prochain projet? » et « J’peux-tu ne pas en avoir de projet ? J’ai droit à mon bol vide. […] Ce qu’est plaisant d’un bol vide c’est qu’il est prêt à être rempli. »

 

Pour moi, ça me dit qu’on est parfois mieux de se pencher sur peu de projet à la fois pour se donner un peu plus corps et âme à celui-ci. L’idée, c’est de bien l’achever. Souvent, je fais cette erreur de prévoir trop à l’avance un calendrier de production de plusieurs textes, films et projets de vie. Ça diffuse énormément le flux de pensée.

 

C’est bien de pratiquer son art et ses compétences chaque jour pour progresser et maintenir son expertise, mais c’est bien d’éviter de mettre la pression d’un projet d’envergure qui n’est pas encore en branle. À se demander jusqu’où on peut tenir cette pression de la performance et de création à tout prix jour après jour.

 

Passionné et tempéré

 

L’acteur/réalisateur n’aurait pas fait d’autres films après À l’origine d’un cri s’il n’avait pas eu d’autres histoires à raconter. Il croyait avoir tout dit ce qu’il avait à dire.

 

Après la Course évasion, il a eu une proposition de financement pour un court-métrage. Le financement dépendait des commentaires des autres réals de la boîte. Suite aux commentaires et critiques, le meilleur conseil est venu de Denis Villeneuve à la sortie du bâtiment : « Fais donc à ta tête. » Robin a donc fait le film qu’il voulait et non ce que les autres avaient visualiser en lisant le scénario.

 

C’est bien de tenir son bout et à ses idées. Mais, il souligne aussi l’importance de tempérer. Lors d’un projet, tout le monde paniquait 2 semaines avant le tournage parce qu’il manquait un 200 000 $ pour la location d’un lieu de tournage. Robin, lui, reste calme. Surtout après être devenu père, le cinéma est devenu 2e dans sa liste de priorités. Vous pourriez faire une crise parce que ça ne colle pas ou qu'il y a un ralentissement, mais vraiment, est-ce que c’est une question si grave et si émotionnellement prenante ? Ça ne devrait pas. Ta vision ne devrait pas en devenir une obsession qui nuise à ton bien-être personnel.

 

 

Quelques conseils

  1. Il faut déjà avoir une atmosphère dans le scénario. À la lecture, on devrait y sentir l’ambiance de l’histoire ;

  2. Engager 1 ou 2 acteurs amis pour faire le pont avec les acteurs qu’on connaît moins bien. Ça aide à établir plus rapidement des liens de confiance, d’écoute et de plaisir ;

  3. Ne pas avoir peur de dire que tu ne sais pas. Si tu sais pas si un plan est bon ou qu’est-ce qui manque dans un dialogue, tu ouvres la porte à l’aide extérieur et tu n’es plus seul à mettre en scène l’histoire ;

  4. Écoute ce que ton film veut être. Il vient un moment où peu importe ce que tu avais en tête, ton film prend une vie de lui-même. N’essaie pas de le transformer. Surtout en montage, respecte l’histoire qui a été captée au-delà de ta première perception.

 

Ce que je retiens de cet homme? La belle présence d’un homme sincère, passionné et curieux. Robin Aubert en personne, c’est rare. Si vous voyez ça passer : réservez une place.  Si vous voyez un de ses textes : allez le lire.

Ce texte effleure à peine les paroles de cette force tranquille.

 

 

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