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Une image vaut mille mots

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Peu de réalisateurs québécois vont fouler les plateaux hollywoodiens, mais cela est pourtant l’incroyable quotidien de Denis Villeneuve. Succès après succès, Oscar après Oscar, de ses études à l’UQAM en cinéma à la course Europe-Asie, d’Incendies à L’Arrivée, Denis Villeneuve est au plus haut de sa carrière. Ayant réalisé cinq films ces six dernières années, il compte cinq nominations aux oscars cette année pour son dernier long-métrage Blade Runner 2049 et a gagné dans la catégorie Meilleure photographie et Meilleurs effets visuels.

Crédit photo : Caroline Thibault

 

Le mois dernier, M. Villeneuve, dans un grand acte de générosité, a accordé une entrevue dans le cadre des Rendez-Vous Québec Cinéma. Les organisateurs s’attendaient à une conversation intime avec moins de 100 personnes. Cependant, à leurs grande surprise et celle du réalisateur, la demande pour l’événement fut telle qu’ils l’ont déplacé au Théâtre Maisonneuve à la Place des Arts. J’ai eu d’ailleurs la chance de me procurer un billet à la deuxième vague. Après quelques temps, les 1100 nouveaux billets se sont envolés comme des petits pains chauds. C’était déjà à guichet fermé. C’est ainsi que l’on mesure la fascination de nos cinéastes d’ici envers Denis Villeneuve.

 

Toute sa jeunesse, Denis Villeneuve a été fasciné par les œuvres de Steven Spielberg. Ayant autrefois étudié en science avant le cinéma, son intérêt pour ce domaine se reflète dans ses œuvres, car il a un grand intérêt pour la science-fiction.

 

Même s’il est d’abord et avant tout québécois, il évite de mettre en scène des personnages et des sujets québécois. Il en a une certaine pudeur et se sent davantage à l’aise à parler de l’histoire des autres. Cela explique donc ses nombreux tournages à l’étranger où il réalisa plusieurs documentaires notamment à la course Europe-Asie ou son long-métrage Sicario. Mis à part son long-métrage Polytechnique, il ne croit pas réaliser des films à l’histoire et personnages québécois dans le futur. Il affirme toutefois personnaliser et teinter ses réalisations avec ses racines québécoises. De façon surprenante, Hollywood ne le contraint pas à un style et donc M. Villeneuve peut pleinement s’épanouir dans ses idées. La petite touche québécoise est alors visible.

 

Cependant, la véritable essence créative de M. Villeneuve est de créer de la poésie en image. Ainsi, il limite le dialogue et incite les images à raconter plus que les paroles. Il offre souvent des plans longs, plongés dans le silence, mais gorgés d’émotions et de sens. Telles que dans Blade Runner 2049 où K, joué par Ryan Gosling, croise des abeilles dans Las Vegas ou la traversée d'une ville dangereuse du Mexique dans Sicario. Chaque plan est un poème. Ainsi, il met beaucoup d’importance à la direction photo. Étant ami et collègue, André Turpin l’a beaucoup influencé sur ce point. Le proverbe une image vaut mille mots résume sa façon de réaliser.

 

« Pour moi, les dialogues, c'est pour le théâtre et la télé, ce n'est pas pour le cinéma. »

 

De plus, il conseille tous les étudiants en cinéma d’observer un metteur en scène diriger ses comédiens pour maitriser la direction des acteurs. Chose qu’il a déjà fait et qui lui a semblé bénéfique. Au départ, M. Villeneuve avait quelques difficultés à travailler avec les acteurs. Il recherchait de très bonnes relations et du plaisir avec eux. Des relations créatives. Il en eu une pour la première fois avec Jake Gyllenhaal en tournant Enemy. Leur but premier était de construire un terrain de jeu ou une espèce de laboratoire pour expérimenter des choses et tout cela dans le plaisir.

 

 « Jake a accepté car il était dans le même état d’esprit que moi. Après quelques déceptions hollywoodiennes, il avait besoin d’un projet comme celui-là. Au bout de huit semaines, le producteur du film nous a dit qu’il nous faisait confiance, mais qu’il n’avait aucune idée de ce qu’on avait fait!»

 

Acclamé par la critique, se faufilant entre le cinéma grand public et le cinéma d’auteur et ayant marché sur les plateaux hollywoodiens maintes fois (dont il considère comme un accident), Denis Villeneuve est un grand modèle pour les cinéastes québécois et marquera sans nul doute le cinéma de génération en génération.

 

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