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La chute de Sparte - Le film

June 1, 2018

Bonne nouvelle: la fin de l’année scolaire arrive bientôt. Mauvaise nouvelle: les examens de fin d’année arrivent bientôt. Tu étudies pour ton examen de maths, de français, d’histoire, de chimie, bref, t’es dans le jus? Moi aussi. Pourtant, jeudi dernier, lors d’une de mes séances de déni actif de mes obligations scolaires, j’ai assisté à la première (sherbrookoise) de La chute de Sparte, adaptation cinématographique du roman du même nom signé Biz, réalisée par Tristan Dubois. Ces quelques heures de procrastination, en compagnie des comédiens, du réalisateur et de nul autre que Biz, m’ont fait un bien qui, certes, ne se traduira pas en chiffres sur mon bulletin, mais qui m’a plutôt apaisée: non, les jeunes ne sont pas totalement incompris. Principalement, les gens ne nous prennent pas tous pour des cons.

Steeve Simard (Lévi Doré), seize ans, cultivé, boulivore, spéléologue et fervent critique de la société, commence à être bien écoeuré du secondaire. Il passe son temps à lire pour pallier à sa condition de «pas assez populaire, pas assez grand, pas assez beau», tout en convoitant de (très) loin Véronique Plourde (Lili-Ann de Francesco), la plus belle fille de l’école. Steeve voit sa vie prendre une tournure dramatique quand il réalise un exploit qui, devenu viral, enrage le joueur de football au plus puissant plaqué de toute l’école (Karl Walcott). Accompagné de son ami Virgile (Jonathan St-Armand), Steeve navigue alors de d’obstacle en dégénérescence jusqu’à ce que le film cesse subitement d’être seulement une comédie.

 

D’abord, je tiens à saluer le travail d’adaptation empreint d’intelligence de la part des co-scénaristes, Tristan Dubois et Biz. En effet, comment rendre justice à un condensé littéraire de merveilles à l’écran? Lorsqu’on lui a posé la question, Biz était catégorique: pas de place pour les caprices d’auteur, la priorité était de de rendre justice au fond de l’histoire et non au roman en tant que tel. Mais, fans de lecture, rassurez-vous, vous ne serez pas déçus. Vous reconnaîtrez le style de Biz tout au long de votre visionnement, souvent là où vous vous en attendez le moins. À ceux parmi vous qui n’êtes pas familiers avec la carrière littéraire de ce membre du légendaire groupe de rap québécois Loco Locass, je vous invite à porter attention à la poésie percutante de la narration, parfois tirée mot pour mot du roman, pour mon plus grand plaisir. Vous la remarquerez aussi dans les multiples détails de finition signés Daniel Villeneuve et André Chamberland, respectivement à la direction photo et à la direction artistique. Toujours est-il que le film la présentait joliment et avec une finesse qui m’a beaucoup plu.

 

Mais je te vois venir, jeune étudiant au cerveau saturé. Tu n’as probablement pas envie de te casser la tête à déchiffrer pendant une heure et trente-trois minutes de la Poésie avec un «P» majuscule, comme celle avec laquelle ton prof de français t’a rabattu les oreilles à grands coups d’analyses et autres travaux tout au long de l’année scolaire. Eh bien, laisse-moi t’assurer que cette poésie-là flattera ton intellect dans le sens du poil à t’en faire ronronner les neurones. Après tout, elle est en majorité lue par Steeve. Dans sa bouche, elle est limpide en sens et en intention. La chute de Sparte voit s’unir le lyrique et le ludique comme rarement au cinéma. Enfin, un film que l’on n’a pas appauvri au profit l’accessibilité! Au contraire, il s’adresse au jeunes via leur intelligence, par une conversation sans questions-pièges. Par toutes sortes de moyens, il donne la parole aux ados sans parler à leur place et je vous le dis, ça fait du bien! Je pense qu’une bonne partie du ras-le-bol que les jeunes ressentent parfois de manière si vive vient du fait que nous nous sentons souvent, à tort ou à raison, infantilisés, incompris car «pourquoi attirer son attention là où il n’y a rien à comprendre?». Dans La chute de Sparte, pour une fois, les jeunes ont le dernier mot et le pouvoir qui vient avec. Moi, c’est à la Poésie qui sait faire tout ça que j’ajouterais un «P» majuscule.

 

La chute de Sparte est en quelque sorte un savant mariage du film d’auteur avec le feel-good movie. C’est sérieux et c’est amusant, c’est recherché et c’est tout simple, ça fait pleurer et ça fait rire. Un peu comme l’adolescence, au fond. Oh, et mention spéciale au livre que Steeve trimbale avec lui durant ses aventures, c’est-à-dire nul autre que La bête à sa mère, de David Goudreault, un auteur bien de chez nous. Je ne peux vous faire part de mon appréciation de ce film sans vous encourager chaudement à jeter un oeil à son homologue de papier, qui demeure malgré tout en première position à mon palmarès personnel. Cela dit, ne manquez pas l’entrée en salles de La chute de Sparte, ce vendredi 1er juin. Ça vaut certainement une petite pause dans votre étude. Bon cinéma!

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